| GITES SUR LA ROUTE DU VIN D'ALSACE |
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Petite présentation de BERGHEIM Son histoire: Situé entre Sélestat et Colmar, placé sur la route des Vins à environ 4 kilomètres au nord de Ribeauvillé. Au cœur d'un vignoble réputé qui compte deux grands crus, Altenberg et Kanzlerberg, Bergheim offre l'image d'une petite ville médiévale qui conserve encore une grande partie de ses enceintes. Il est intéressant de partir à la découverte de ce lieu si agréable, encore à l'écart du flot touristique. En 1848, au lieu-dit Froen, à l'ouest de la route des Vins, furent découverts les vestiges d'une remarquable villa qui livra la plus belle mosaïque romaine jamais trouvée en Alsace (elle est aujourd'hui conservée au musée Unterlinden à Colmar). Elle est attribuée à l'un des ateliers qui fonctionnaient aux IIème et IIIème siècles dans la région de Trèves. Bien d'autres découvertes archéologiques confirment l'existence de l'habitat romain tout autour de l'actuel noyau urbain. Dans une charte datée de l'an 705, un noble de la cour d'Austasie nommé Theudoald, fait don à l'abbaye de Moyenmoutier de la basilique mariale de Bercheim. Ainsi, au début du VIIIème siècle, le lieu est déjà doté d'une église importante aux revenus confortables. La terre et le village de Bergheim, sont une propriété royale ou impériale. En l'année 945, le roi Otton 1er cède la propriété au duc de Lorraine qui en fera don à l'évêque de Toul (968). En 1287, après de complexes passations de propriétés, ce sont les seigneurs de Ribeaupierre qui sont désormais les tenanciers du fief lorrain (le village et la cour dite Niederhof). En 1293, en pleine guerre de succession, le roi Adolf de Nassau partage les possessions des Ribeaupierre en deux et laisse son allié Hermann de Baldeck incendier Bergheim. Ce n'est qu'après de difficiles tractations que Henri II de Ribeaupierre reçoit à nouveau le fief (1311). Le 24 février 1312 le roi Henri IV écrit à Henri II qu'il accepte la propriété de Bergheim et qu'il prend le village sous sa protection. Il en accorde le fief à Henri II, élève le lieu au rang de ville (Civitas) , et accorde le droit de le fortifier. A peine les Ribeaupierre ont-ils fortifiés le lieu, qu'ils le vendent à la Maison d'Autriche (1313) qui en inféode Henri de Mullenheim (1314). Vers le milieu du XIVe siècle les Habsbourg sont à nouveau en possession de Bergheim. Les habitants de la cité, qui connaissent une période de prospérité, surent habilement négocier leur aide aux Habsbourg. Les habitants recevaient le droit de glandée et de coupe de bois dans les forêts seigneuriales. En 1361, Bergheim allait jouir du droit d'asile. En 1375, l'archiduc Léopold , Landvogt d' Alsace, accorde à la communauté le droit de frapper monnaie, de collecter l'Umgelt. Mais Bergheim ne semble jamais avoir frappé sa propre monnaie. Enfin en 1446, la ville reçoit l' autorisation d' installer un péage dont les revenus seront affectés à l'entretien du Landgraben. Sous l'admistration des Thierstein au Haut-Koenigsbourg, on construit "l'Amtshof" à Bergheim. A la tête de l'administration de la ville se trouvait un écoutète, dont la première mention remonte à 1328. La guerre de Trente Ans allait avoir des conséquences désastreuses pour Bergheim. C'est le 15 novembre 1632 que le rhingrave Othon-Louis de Salm se présenta avec un détachement de l'armée suédoise sous les murs de la ville qu'il somma de se rendre. La résistance paraissait vaine. Le bailli impérial et les autorités furent d'avis de se rendre. La famine et la peste firent leur apparition. Bergheim connaissait la période la plus noire de son histoire. Dès 1639, le roi de France Louis XIII, auquel les suédois avaient cédé leurs conquêtes, donnait la ville au comte de Nassau-Sarrebrucken. Les Ribeaupierre (Christian III de Birkenfeld) rachètent le tout en 1716. Toutes ces tractations font de Bergheim la communauté qui fut la plus vendue d'Alsace ! Bergheim est ceinturée par une double enceinte qui forme un vaste rectangle. Environ 25 mètres séparent l'enceinte intérieure des murs extérieurs qui se développent sur environ deux kilomètres, parallèlement au tracé intérieur. Un chemin agréable permet d'en faire le tour. Le plan de base fut très probablement dressé autour de 1311. D'abord le rempart intérieur et sans doute, vers le milieu du XIVème siècle, le second rempart extérieur séparé du premier par un vaste fossé. La tour carrée, sur le flanc Est, pourrait dater de cette seconde phase. L'Oberthor ou Porte Haute est la seule des quatre portes à nous être parvenue intacte. Au départ il y avait quatre portes, une à chaque horizon (Nord, Sud, Est, Ouest). La Porte Haute, carrée, est une architecture typique du XIVème siècle en Alsace. Elle atteint 22 mètres de haut et se trouve coiffée par une haute toiture pyramidale dont les tuiles vernissées, aux couleurs variées, dessinent un joli décor géométrique. Un clocheton couronne le tout. C'est à l'extérieur de cette porte que se voyait jusqu'en 1852 une curieuse sculpture qui a rendu la ville célèbre. Un petit personnage montrait à l'arrivant son postérieur. Le " Lekmi am A… " aurait été détruit par un excité en février 1852. La sculpture rappelait simplement que Bergheim bénéficiait du droit d'asile. Ce serait un habitant de Rodern qui aurait fait sculpter le personnage pour se moquer de son seigneur qui ne pouvait le poursuivre à l'intérieur de la ville! d'autres sources assurent que le maire de Bergheim aurait fait enlever le personnage indécent dès 1842. En 1810, le conseil municipal de Bergheim ne souhaitant plus entretenir les fortifications devenues désuètes, vendit les tours et murailles à des privés. Bergheim fut tristement célèbre pour le nombre effrayant de femmes accusées de sorcellerie. On recense 44 victimes, venant de diverses contrées de Haute-Alsace, qui furent livrées aux flammes à Bergheim dès 1582. Le petit musée, juste à côté de l'église permet au visiteur de découvrir les documents de cette chasse aux sorcières. |